La pollinisation, un facteur clé de la productivité d’une oliveraie

Il a une semaine s’est déroulé le SITEVI, le salon international des équipements et savoir-faire pour les productions viti-vinicoles, oléicoles, arboricoles et maraîchères. Les exposants, conférences innovations tournent essentiellement autour du secteur de la vigne et du vin mais l’olive a eu quelques temps forts : le mardi 30 novembre 2021 une journée de conférences et pendant toute la durée du salon des dégustations. Un point commun à toutes les filières : le changement climatique et l’urgence d’y faire face. Hélène Lasserre, directrice du pôle Conservation et Recherche de France Olive a présenté mardi 30 novembre 2021 pendant sa conférence sur L’olivier face au changement climatique : constats et action, un travail de recherche sur les groupes d’appartenance des variétés françaises pour améliorer la pollinisation, étape clé de la production d’huile d’olive et de la productivité du secteur.

Les difficultés rencontrées ces derniers mois, épisodes de gel, grêle, inondations ou encore incendies, imposent une action rapide en termes de solutions et d’adaptation pour tout le secteur agricole. Comment répondre à ces enjeux climatiques ? Avec une petite production (3.375 tonnes) pour la campagne 2019/2020, comment l’oliveraie peut-elle augmenter sa production ? Depuis le pôle Conservation et Recherche de France Olive, un travail de recherche sur le système des reproduction des variétés a été réalisé pendant 2 ans en collaboration avec une équipe française de chercheurs du CNRS de Lille (Saumitou-Laprade et al) pour améliorer la pollinisation.

On connaissait le rôle des variétés dans le profil aromatique et la structure d’une huile d’olive. Comme le vin, sa saveur dépend d’une série de facteurs liés entre eux et interdépendants : le terroir, la ou les variétés, le savoir-faire de l’oléiculteur, etc. Et si le choix d’une variété avait en plus une influence sur la productivité d’une oliveraie?

La pollinisation, un facteur clé de la productivité d’une oliveraie

par Hélène Lasserre.

Suite à différents travaux de recherche, il est clairement établi que l’olivier est une espèce auto-incompatible. En effet, cet arbre andro-monoïque qui présente majoritairement des fleurs hermaphrodites et mâles sur un même pied, ne peut s’autoféconder et a besoin d’un pollen d’une autre variété pour avoir ses fleurs pollinisé.

Par chance, le système de reproduction de l’olivier est simple puisque c’est un système de reproduction à 2 groupes, système vulgarisé sous l’appellation G1/G2 et qualifié plus précisément par les spécialistes de système d’auto-incompatibilité diallélique (en anglais DSI system pour Diallelic Self-Incompatibility system). Le CNRS de Lille et France Olive ont typé depuis 2 ans la grande majorité des cultivars français puisque 76 variétés d’oliviers sont inscrites aujourd’hui dans un groupe d’appartenance G1 ou G2.

Une telle découverte présente de nombreux intérêts notamment dans l’optimisation de la productivité d’un verger puisque la biodiversité variétale de la parcelle, ou étendue à une zone de production adjacente, améliore les pourcentages de réussites de fécondation. Si le verger est monovariétal, l’oléiculteur doit pouvoir compter sur du pollen compatible aux alentours si c’est un territoire oléicole, à condition que tous les pré-requis soient réunis pour la fécondation (du vent, absence de pluie, des températures adéquates mais également une distance efficace pour le transport du pollen, et surtout une bonne synchronisation de floraison entre les variétés compatibles). En effet, il ne suffit pas que 2 variétés soient compatibles encore faut-il qu’elles fleurissent en même temps !

 

LA POLLINISATION D’UNE OLIVERAIE
Typage des variétés oléicoles françaises Groupe d’appartenance G1//G2 @Hélène Lasserre – France Olive – Pôle Conservation &Recherche

Liste des variétés typées des différentes AOP

Ces résultats permettent également de mieux accompagner les oléiculteurs dans les choix variétaux des nouveaux projets de plantations afin d’optimiser la mise en place de leur production, notamment dans des zones d’appellations AOP, où les variétés secondaires présentent ainsi un atout majeur dans la biodiversité oléicole au service de la production. Une raison de plus de saluer la richesse de notre patrimoine oléicole français !

 

La filière oléicole en chiffres

  • La production mondiale d’huile d’olive est de 3,1 millions de tonnes (l’Espagne produit 71,5% de la production européenne)
  • Prévisions de la production Française pour 2021 4.344 tonnes.
  • La consommation augmente chaque année avec une augmentation de la consommation des pays non producteurs (US, Brésil, Chine, Canada). 3 234 000 tonnes.
  • La consommation française est autour de 110 000 tonnes, 4% c’est la part des huiles d’olive fr. Les principaux fournisseurs : Espagne, Italie et Tunisie
  • Tendances: poids du bio +13% par an

Tendances et perspectives de la filière olive

Dans sa note sur la filière Tendances et perspectives de la filière olive, Laurent Bélorgey président de France Olive écrit : « […] La production moyenne du verger français est de 200 litres d’huile d’olive par hectare quand certains sont à 1000 litres par hectare. En atteignant 300 ou 400 litres par hectare, nous ne perdrions pas notre âme ni l’authenticité et la qualité de nos produits mais la rentabilité de nos exploitations serait très différente et la filière deviendrait encore plus attractive pour les jeunes et se porterait mieux dans son ensemble. »

En France, on retrouve plus de 100 variétés cultivées chacune avec une réponse différente face aux changements climatiques, maladies, bactéries, ravageurs… Ce travail de recherche sur la pollinisation démontre ici l’importance du choix de la variété en vue d’augmenter sa production.

 

Liens

https://afidol.org/
https://www.sitevi.com/
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