ESTIMATIONS CAMPAGNE 2021-2022

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La Commission européenne vient de publier son dernier rapport sur les estimations de la production d’huile d’olive pour la campagne qui commence aujourd’hui dans la région méditerranéenne et les chiffres, provisoires, suggèrent que l’Espagne pourra atteindre un volume de 1 400 000 tonnes (+ 1 %), l’Italie pourrait tourner autour de 300 000 tonnes (+ 10 %), le Portugal de l’ordre de 150 000 tonnes (+ 50 %), tandis qu’en Grèce un volume de 230 000 tonnes est estimé, ce qui se traduit par une baisse de 16 %.

Au total on retrouve un volume de l’ordre de 2.097.000 tonnes dans les principaux pays dur pourtour méditerranéen.

LA PRODUCTION PAR PAYS

Le magazine espagnol Mercacei vient de publier les premières prévisions alors que la campagne 2021-2022 commence.

ITALIE

Les perspectives sont positives. Les associations du secteur ont publié leurs prévisionnels et leurs estimations sont plutôt généreuses, penchant pour une production de 300 000 tonnes, bien que les techniciens et les opérateurs économiques prévoient un chiffre inférieur.

Cette année, les pouilles, principale région de production italienne enregistrera, sauf imprévu, des estimations prometteuses (60% de son potentiel), malgré le fait que l’hiver a été marqué par des phénomènes atmosphériques localement défavorables. Les gelées qui se sont produites dans les zones côtières ont causé de sérieux dégâts, mais les perspectives générales sont bonnes. Une bonne récolte est attendue dans la région de Bari, dans le nord des Pouilles, notamment pour les oliveraies irriguées qui n’ont pas été touchées par la sécheresse.

Selon l’écrivain, journaliste, expert en huile d’olive et directeur de Olio Officina, Luigi Caricato, »les changements climatiques ont radicalisé le phénomène de l’alternance. En fait, il estime que le nord de l’Italie sera fortement pénalisé cette année, notamment dans des régions comme la Vénétie et la Lombardie, mais la Ligurie elle-même et l’Émilie-Romagne subissent un déclin notable, tout comme d’autres régions du centre de l’Italie. La baisse de près de 50% de la production ces 5 dernières années devrait être un levier pour recommencer, de repenser et de formuler une nouvelle oléiculture en Italie.

ESPAGNE

Pour le cas de l’Espagne, selon le consultant et professeur à l’Université de Jaén (UJA) Juan Vilar, la saison actuelle devrait être similaire à la précédente en termes de volume d’huile d’olive, mais inférieure en termes de fruits, avec des rendements plus élevés.

De l’Association espagnole des municipalités oléicoles (AEMO), José María Penco souligne que toutes les données indique déjà une campagne de production d’environ 1 350 000 t. « il y a encore une partie à jouer, car la formation de l’huile se poursuit jusqu’à la fin du mois de novembre et l’humidité du sol, conditionnée par les précipitations, sera un facteur crucial pour atteindre ce chiffre ».

La moyenne des précipitations en Andalousie d’août à début octobre est inférieure à la moyenne, ajouté au fait que « nous espérons que durant le mois d’octobre et la première quinzaine de novembre les pluies tant attendues arriveront ».

GRÈCE

Pour la récolte à venir, la production pourrait se situer autour de 180 000 tonnes, principalement en raison de la faible récolte en Crète, où l’on ne prévoit pas plus de 45 000 à 50 000 tonnes (contre 90 000 t. en 2020-2021). La saison 2020/21 s’est clôturée avec 250 000-260 000 t d’huile produite., contre une estimation de 270 000 t. et restera dans les mémoires comme une excellente année en terme de qualité.

De bons chiffres ne sont pas attendus non plus pour le Péloponnèse, les incendies de l’été ayant détruit de nombreuses oliveraies.

TUNISIE

L’agent commercial et courtier italien Adriano Caramia indique que la Tunisie, après deux années aux  » antipodes  » – en 2019/20 avec environ 400 000 t ; et en 2020/21 avec environ 140 000 t -, prévoit une production de 220 000-240 000 t.

Selon lui, la météo continuera à jouer un rôle important pour confirmer, réduire ou augmenter des chiffres qui « doivent toujours être considérés comme approximatifs ».

Selon lui, les précipitations ont été rares tout au long de l’été, bien que bien réparties géographiquement, de sorte que toute pluie supplémentaire d’ici le début de la trituration ne peut qu’accroître la disponibilité d’huile dans le pays d’Afrique du Nord.

MAROC

Noureddine Ouazzani, directeur de l’Agro-pôle Olivier, souligne que les prévisions des opérateurs du secteur oléicole pour la saison 2021/22 font état d’une augmentation de 30 % de la production par rapport à l’année précédente, qui était de 120 000 tonnes. Concrètement, on estime un volume de 156 000 tonnes, bien que les conditions de sécheresse des mois de juillet et août aient entravé le développement correct du fruit.

Il souligne que les rendements attendus sont le résultat des stratégies mises en œuvre pour étendre les surfaces oléicoles marocaines (Plan Maroc Vert/surface actuelle 1 220 000 ha.) au cours des 10 dernières années et de l’entrée en production de nouvelles plantations.

PORTUGAL

Alberto Serralha, PDG de Sociedade Agrícola Ouro Vegetal, S.A. (SAOV) pratiquement tout le territoire a enregistré des précipitations élevées, qui ont persisté presque jusqu’à la fin du printemps. En outre, l’été a été assez frais, avec des températures beaucoup plus basses que d’habitude, et les pluies sont revenues début septembre avec une forte intensité dans pratiquement tout le pays.

Selon lui, l’aspect négatif de ce temps est que la population de la mouche du fruit de l’olivier augmente, avec des attaques importantes déjà observées, »Le Portugal a besoin d’un mois d’octobre sec pour garantir une récolte de qualité », estime-t-il.

Les attentes actuelles se veulent confiantes avec un production entre 160 000 et 180 000 tonnes.

CROATIE

La Croatie pourrait perdre 80% de sa récolte au cours de la campagne 2021/22 par rapport à ce qu’elle a obtenu lors de la précédente, qui, selon les données du Conseil oléicole international (COI), a atteint les 4 600 tonnes, le chiffre le plus élevé depuis la saison 2016/17. Une vague de froid qui a provoqué des chutes de neige début avril lorsque les oliviers étaient en fleurs, suivie d’une sécheresse prolongée pendant les mois d’été, sont quelques-unes des raisons de la récolte réduite.

EXPORTATIONS

Concernant l’évolution des exportations en provenance d’Europe, sur la période octobre 2020 à juillet 2021, une reprise du marché américain de 3,8% est observée pour atteindre 236 826 tonnes, grâce à la suppression des tarifs imposés par l’administration Trump.
Les pires performances ont été enregistrées par les exportations vers le Japon et la Chine, où des baisses de 17% et 18% respectivement sont observées. Au Royaume-Uni également, il a enregistré des baisses de 13,5%, à la suite de l’entrée en vigueur du Brexit et en Australie, la baisse des achats a été placée à 14,5%.

 

[SOURCES : Previsiones iniciales de campaña en los principales países productores, Croacia espera una caída del 80% en su producción de aceite de oliva, Campagne oléicole 2020/21 dans les principaux pays producteurs]

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