
Dans la filière oléicole, les sous-produits ont longtemps été perçus comme une contrainte technique et environnementale. Aujourd’hui, les avancées scientifiques et agronomiques montrent qu’ils peuvent devenir de véritables ressources. À condition de bien distinguer deux valorisations issues d’un même processus : le biométhane, énergie renouvelable, et le digestat, ressource clé pour les sols. Explications, à partir des résidus de l’olivier.
Les sous-produits de l’olivier : de quoi parle-t-on exactement ?
La transformation des olives en huile génère plusieurs coproduits, dont les principaux sont :
-Le grignon humide (appelé alperujo en Espagne) : mélange de pulpe, fragments de noyaux et eau de végétation, issu des systèmes modernes d’extraction.
-Les eaux résiduaires et margines (selon les procédés).
-Les résidus agricoles : tailles d’oliviers, feuilles, rafles.
Ces matières sont riches en matière organique, mais difficiles à gérer en l’état. C’est précisément ce potentiel biologique qui les rend intéressantes pour la méthanisation.
La méthanisation : un même procédé, deux ressources différentes
La méthanisation (ou digestion anaérobie) est un processus biologique naturel. La matière organique est dégradée par des micro-organismes, en absence d’oxygène, dans des conditions contrôlées. Ce procédé produit deux sorties distinctes, qu’il est essentiel de ne pas confondre : Le biométhane et Le digestat
LE BIONÉTHANE
Lors de la digestion, les micro-organismes produisent un biogaz, composé principalement de : méthane (CH₄), dioxyde de carbone (CO₂).
Après épuration (upgrading), ce biogaz devient biométhane.
À quoi sert-il ? Le biométhane est un combustible, injecté dans les réseaux de gaz, utilisé pour produire chaleur ou électricité, ou comme carburant renouvelable.
LE DIGESTAT
Le digestat est la matière restante après digestion (matière organique transformée et stabilisée, nutriments rendus plus disponibles); elle peut servir pour la fertilisation et l’amendement des sols
Pourquoi est-il stratégique pour les sols oléicoles ? Les sols d’oliveraies sont souvent confrontés à une faible teneur en matière organique, à de l’érosion, et à la perte de structure.
Le digestat permet :
– de restituer du carbone organique,
– d’apporter de l’azote assimilable,
– d’améliorer la structure et la porosité du sol,
– de stimuler la vie microbienne.
Contrairement au biométhane, le digestat revient au champ. C’est lui qui ferme réellement la boucle agronomique.
Transformer les résidus de l’olivier en biométhane est une opportunité énergétique. Mais transformer ces mêmes résidus en digestat utile au sol est un enjeu agricole majeur. Dans une filière confrontée à l’érosion, au changement climatique et à la perte de matière organique, le digestat n’est pas un sous-produit secondaire : c’est une ressource stratégique
SÉRIE RÉSIDUS = RESSOURCES
Une partie peu visible de la production d’huile d’olive vierge extra est la partie des résidus qui découle de l’extraction de l’huile ou de la production d’olives.
Ces sous-produits prennent la forme : de feuilles, de restes de la taille, d’eau de végétation (les margines), de grignons (la partie solide qui est séparée de l’huile dans la centrifugeuse), du noyau, …
[Résidus = Ressources] Les feuilles comme substrat pour la culture de champignons
[Résidus = Ressources] Le noyau comme biomatériaux, l’expérience de Naifactory
[Résidus = Ressources] Les grignons d’olive
[Résidus = Ressources] Le Biochar
Sources :
Científicos nacionales analizan el futuro social y sostenible del biometano lors de la présentation sur l’utilisation du digestat pour la régénération des sols des oliveraies a suscité un intérêt particulier. Il s’agit d’une application pratique qui transforme un déchet en une nouvelle ressource pour l’agriculture de Jaén. Cette conférence a été donnée par Antonio J. Manzaneda, professeur à l’université de Jaén et coordinateur du projet européen Soil O-Live, Projet https://soilolive.eu/
miércoles 14 de enero de 2026
ADEME – Méthanisation agricole et digestats
FAO – Gestion durable des résidus agricoles
Travaux universitaires et CSIC sur alperujo, digestion anaérobie et sols d’oliveraies




