Étiquetage, normes, analyses et commercialisation : l’essentiel à retenir
L’été 2026 apporte plusieurs évolutions réglementaires et techniques pour les huiles d’olive et les huiles de grignons d’olive.
Il n’y a pas de révolution concernant l’étiquetage. Les principales obligations restent les mêmes. En revanche, le cadre technique utilisé pour contrôler la qualité, l’authenticité et la catégorie des huiles évolue.
Le Conseil oléicole international (COI) a révisé sa norme commerciale et adopté une nouvelle méthode pour déterminer l’indice de peroxyde et les composés volatils. L’Union européenne a engagé l’intégration de certaines de ces évolutions dans son propre cadre réglementaire, avec notamment un règlement délégué adopté par la Commission le 21 août 2026.
1. Étiquetage : les règles essentielles restent les mêmes
France Olive a publié en juin 2026 un rappel des principales règles applicables à l’étiquetage des huiles d’olive commercialisées en France.
Pour une huile d’olive vierge extra ou vierge, il faut notamment vérifier :
* la dénomination commerciale (La dénomination doit être clairement visible, notamment en face avant de l’étiquette);
* l’origine de l’huile (L’origine géographique de l’huile est obligatoire. Elle doit être clairement visible sur la face avant de l’étiquette et respecter les exigences réglementaires, notamment une hauteur minimale de caractère de 1,2 mm.);
* la quantité nette ;
* la date de durabilité minimale ;
* le responsable de la mise sur le marché ;
* les conditions de conservation ;
* le numéro de lot, sauf exemption ;
* la déclaration nutritionnelle, avec certaines exemptions notamment en vente directe.
À noter
OLIVES MATURÉES
Pour les huiles commercialisées avec la mention « olives maturées », la dénomination à utiliser est « huile d’olive vierge » même si les résultats physico-chimiques correspondent à la catégorie Vierge extra.
AOP
Pour les huiles bénéficiant d’une appellation d’origine protégée (AOP), la dénomination et le logo AOP doivent être utilisés conformément au cahier des charges de l’appellation et au règlement (UE) 2024/1143 relatif aux indications géographiques.
Une AOP ne peut être revendiquée que si l’huile respecte le cahier des charges concerné, notamment en matière d’aire géographique, de variétés, de méthodes de production, de caractéristiques du produit et de contrôles.
ORIGINE
L’origine de l’huile, l’aire géographique de l’AOP et le lieu de conditionnement sont trois éléments différents.
Une huile conditionnée en France n’est donc pas nécessairement une huile d’origine française.
2. La norme commerciale du COI évolue
La norme commerciale DU Conseil oléicole international a été révisée en 2025 et 2026, notamment pour actualiser certains critères analytiques applicables aux huiles monovariétales et intégrer une nouvelle méthode de détermination de l’indice de peroxyde.
La version actuellement référencée est : COI/T.15/NC n°3/Rév.22/2026 – Norme commerciale applicable aux huiles d’olive et aux huiles de grignons d’olive.
Cette norme permet de déterminer les caractéristiques auxquelles une huile doit répondre pour appartenir à une catégorie donnée et être commercialisée sous la dénomination correspondante.
Elle relie :
les caractéristiques de l’huile
↓
les analyses chimiques et l’évaluation sensorielle
↓
la conformité aux critères
↓
la catégorie commerciale
↓
la dénomination utilisée sur l’étiquette.
3. Les critères analytiques évoluent
La révision 2026 ne modifie pas les grandes définitions de l’huile vierge extra.
Elle met surtout à jour certains éléments techniques utilisés pour vérifier la conformité des huiles.
Deux sujets sont particulièrement importants :
- les stérols de certaines huiles monovariétales ;
- la méthode de détermination de l’indice de peroxyde.
3.1 Les huiles monovariétales
Certaines variétés d’olivier peuvent naturellement présenter une teneur en stérols plus faible que le seuil général fixé pour les huiles d’olive vierges. C’est notamment le cas de la Koroneiki et de la Nocellara del Belice. La norme commerciale du COI prévoit donc un seuil spécifique de stérols totaux pour les huiles vierges extra monovariétales issues de ces variétés. La révision 2026 du COI a également intégré la Coratina dans cette disposition.
Dans le nouveau cadre européen, une disposition spécifique concerne la Koroneiki et la Nocellara del Belice : pour une huile d’olive vierge extra constituée exclusivement de l’une de ces deux variétés, le critère de teneur en stérols totaux est fixé à ≥ 800 mg/kg. Le texte prévoit également que le nom de la variété doit être indiqué sur l’étiquette, les documents accompagnant le produit et les autres supports d’étiquetage prévus par le règlement.
La Coratina est donc bien prise en compte dans la révision du référentiel du COI, mais elle n’est pas concernée par cette nouvelle obligation européenne d’indication de la variété.
3.2 Une nouvelle méthode pour mesurer l’indice de peroxyde
L’indice de peroxyde est un indicateur des premiers produits de l’oxydation de l’huile.
Pour une huile d’olive vierge extra, le seuil reste fixé à : indice de peroxyde ≤ 20 mEq O₂/kg.
Ce seuil ne change pas. C’est la méthode de mesure qui évolue. L’ancienne méthode COI/T.20/Doc.35 utilise du chloroforme ; la nouvelle méthode COI/T.20/Doc.38 utilise de l’isooctane et permet une détection du point final soit par titrage visuel, soit par voie électrochimique. Elle constitue ainsi une alternative analytique sans chloroforme.
Le COI a adopté une nouvelle méthode : COI/T.20/Doc. n°38 – Détermination de l’indice de peroxyde.
et complète la méthode précédente, référencée COI/T.20/Doc. n°35.
4. Une nouvelle méthode pour mieux caractériser les composés volatils
En juin 2026, le COI a également adopté une nouvelle méthode de détermination des composés volatils dans les huiles d’olive vierges : COI/T.20/Doc. n°37/2026 – Determination of volatile compounds in virgin olive oil by SPME-GC-FID/MS.
Cette méthode utilise la microextraction en phase solide (SPME) suivie d’une chromatographie en phase gazeuse avec détection par FID et spectrométrie de masse (MS). Elle permet d’obtenir des informations détaillées sur la fraction volatile de l’huile, c’est-à-dire sur les composés chimiques qui participent notamment à son expression aromatique.
L’intérêt est de disposer d’une mesure instrumentale complémentaire de l’analyse sensorielle. La dégustation permet d’évaluer la perception des odeurs et des arômes par le dégustateur ; l’analyse des composés volatils permet, elle, de mesurer leur présence dans l’huile.
Cette méthode peut donc être particulièrement utile pour la recherche, la caractérisation des huiles et l’étude des relations entre composition chimique et expression sensorielle. Elle ouvre notamment des possibilités pour mieux étudier l’influence de la variété, du degré de maturité des olives, des conditions de récolte et d’extraction ou encore du stockage sur le profil aromatique des huiles.
Cette évolution est particulièrement intéressante car elle rapproche deux approches complémentaires : ce que l’on perçoit à la dégustation et ce que l’on peut mesurer chimiquement dans l’huile.
Attention toutefois : l’adoption de cette méthode par le COI ne signifie pas que les composés volatils deviennent un nouveau critère obligatoire de classement des huiles vierges extra. Il s’agit d’abord d’une méthode analytique supplémentaire permettant de caractériser la fraction volatile des huiles. Elle vient enrichir le corpus des outils analytiques du COI, au même titre que les méthodes portant sur les stérols, les cires, les triglycérides, les diglycérides ou l’indice de peroxyde.
5. Les emballages : une réglementation qui se renforce
En 2026, la réglementation des emballages entre dans une nouvelle phase avec la mise en œuvre progressive du règlement européen (UE) 2025/40, dit PPWR.
Pour les professionnels de l’huile d’olive, il ne s’agit pas de changer immédiatement toutes les bouteilles. Le règlement introduit plutôt une trajectoire progressive vers des emballages plus sobres, plus recyclables et davantage réemployables.
Les entreprises devront progressivement tenir compte de plusieurs critères : réduction du poids et du volume des emballages, conception en vue du recyclage, limitation des emballages inutiles et, pour certaines catégories de plastiques, incorporation de matières recyclées.
Les premières obligations commencent à s’appliquer à partir du 12 août 2026, mais plusieurs exigences importantes entreront progressivement en vigueur jusqu’en 2030 et au-delà.
Pour une bouteille d’huile d’olive, cela signifie qu’il faudra de plus en plus raisonner sur l’ensemble du système d’emballage : poids de la bouteille, bouchon, étiquette, colle, étui, emballage de transport, recyclabilité et fin de vie.
À retenir : 2026 marque surtout le début d’une nouvelle trajectoire réglementaire. Il ne faut pas comprendre que les bouteilles actuelles deviennent interdites dès août 2026. En revanche, les entreprises qui renouvellent aujourd’hui leurs emballages ont intérêt à anticiper les exigences qui deviendront obligatoires à partir de 2030.
Ce qu’il faut retenir en une minute
Si vous êtes producteur, moulin, conditionneur ou metteur en marché : 2026 n’est pas l’année d’une révolution de l’étiquette.
C’est plutôt une année de mise à jour du cadre technique et réglementaire
En revanche, il faut :
* vérifier les mentions obligatoires ;
* contrôler soigneusement l’origine indiquée ;
* ne pas confondre origine et lieu de conditionnement ;
* utiliser la bonne dénomination commerciale ;
* contrôler les mentions facultatives ;
* suivre l’actualité réglementaire ;
* intégrer, si nécessaire, les obligations relatives aux emballages et à l’éco-conception.
Les principaux textes et sources à conserver
Conseil oléicole international — normes et méthodes
La page officielle du COI recense la Rév.22/2026 ainsi que les méthodes analytiques, dont les méthodes n°35 et n°38 pour l’indice de peroxyde.
Union européenne — règlement (UE) 2022/2104
Texte de référence pour les normes de commercialisation et les caractéristiques de qualité et de pureté des différentes catégories d’huiles.
Union européenne — décision (UE) 2026/711
Elle fixe la position de l’Union européenne au sein du Conseil des membres du COI concernant la révision de la norme commerciale et la nouvelle méthode de détermination de l’indice de peroxyde.
Commission européenne — C(2026)5797 final
Publié le 21 août 2026, ce texte constitue une étape récente de l’évolution du règlement européen sur les normes de commercialisation.
Règlement (UE) 2024/1143
Texte de référence pour les indications géographiques, notamment les AOP.
Conseil oléicole international — Determination of volatile compounds in virgin olive oil by SPME-GC-FID/MS.
COI/T.20/Doc. n°37/2026
France Olive — Étiquetage des huiles d’olive
Rappel pratique des règles d’étiquetage applicables en France, publié le 18 juin 2026.
https://www.franceolive.fr/actualites/marche-et-reglementation/etiquetage-des-huiles-d-olive-les-regles-a-ne-pas-negliger-cet-ete
France Olive
Réglementations matériaux pour denrées alimentaires
https://www.franceolive.fr/categorie/transformation-olives-et-huile-d-olive/reglementations-materiaux-pour-denrees-alimentaires
Jusdolive — L’emballage de l’huile d’olive : bien plus qu’une question d’esthétique
https://jusdolive.fr/lemballage-de-lhuile-dolive-bien-plus-quune-question-desthetique/
