Portrait d’un producteur d’huile d’olive corse

Olives mûres prêtes à être triturées

Les gens qui cultivent des olives sont adorables. Les gens qui produisent de l’huile d’olive sont spéciaux parce qu’ils fabriquent quelque chose qui nous rendra en meilleure santé.

Le rêve de Sandrine Marfisi de cultiver des olives est devenu une réalité lorsqu’elle s’est mariée et a déménagé en Corse en 1996. Aujourd’hui, cette oléicultrice à succès dirige l’entreprise familiale, Domaine L’Asprellu, dans la région de Nebbiu en Corse du Nord, où ils produisent une huile d’olive 100% corse avec des olives de leur domaine. Ils pressent leur huile d’olive extra vierge, L’Aliva Marina, à la perfection dans leur propre moulin sans additifs ni filtration, et surtout, elle porte le prestigieux label AOP (Appellation d’Origine Protégée) Oliu di Corsica.

Voici son histoire.

Le Domaine, situé à environ 25 kilomètres de Bastia, est une plantation corse relativement jeune – les premiers arbres ont été plantés en 2003. Le tiers restant du domaine est constitué d’oliviers greffés sauvés après les deux incendies dévastateurs de 1957 et 1985.

Gérer le sol et protéger ces deux vergers est une affaire de tous les jours.

«Cela a commencé comme un passe-temps», déclare Sandrine. Aujourd’hui, la famille cultive quatre variétés, chacune avec sa propre qualité et parfois avec des antécédents historiques fascinants. Le Ghjermana, par exemple, un cultivar prédominant, a été introduit en Corse pendant l’occupation génoise. Le peuple corse n’avait pas le choix à l’époque, les envahisseurs faisaient les règles. Les producteurs devaient soit cultiver la variété, soit payer une lourde amende.

«Cela s’est avéré être un bon investissement car aujourd’hui c’est l’un des cultivars les plus rustiques et qui résiste très bien aux vents forts, un coup de pouce pour l’huile d’olive corse», a noté Sandrine.

Vous ne pourriez pas demander une situation géographique plus idyllique pour le Domaine L ’Asprellu. Tous les 1 100 arbres du domaine de 6 hectares font face au bleu ensoleillé de la mer Méditerranée. Cela signifie que Sandrine peut récolter ses olives trois bonnes semaines environ avant les autres plantations. En Corse, il existe six variétés d’olives et les producteurs d’huile d’olive corse qui visent le précieux label AOP «Oliu di Corsica» cueillent les fruits déjà noirs ou bien mûrs.

Un endroit parfait pour les olives

Être proche de la mer présente d’autres avantages comme le souligne Sandrine Marfisi: «Nous plantons nos arbres avec beaucoup d’espace entre eux, et grâce au microclimat et à la brise légère, nos arbres ne souffrent d’aucune infection fongique. Et plus important encore, l’air est sans pollution. »
J’ai demandé à Sandrine si l’air marin laissait un goût d’iode dans la bouche. Elle a expliqué que même si lors du premier contact, le fruit peut avoir une sensation salée, lors du traitement, il n’y a aucune trace de salinité dans l’huile car les cristaux de sel sont évacués pendant le traitement. L’huile d’olive ne contient pas d’eau.

D’un autre côté, il y a des inconvénients à être si près de la mer. Les tempêtes sont parfois un problème car de fortes tempêtes peuvent endommager les arbres. Le vent peut causer des ravages pendant la période de floraison, en particulier pour la variété Sabine, qui est très sensible aux embruns.
La récolte commence dès que le fruit est prêt à l’aide d’un peigne électrique mais sans vibrateur pour éviter d’endommager l’arbre.

Ramasser les olives dans les filets est une affaire amusante. En écoutant Sandrine, il est facile de voir ce qu’elle veut dire. La période de travail acharné de vigilance est maintenant terminée; le jour que la famille attendait est enfin arrivé. La récolte est un moment de réjouissance. Son mari Patrice et leurs deux fils prennent également une part active en travaillant avec le plus de diligence possible. Lors d’une bonne journée, ils peuvent récolter environ 1 tonne d’olives donnant environ 200 litres d’huile d’olive corse.

Le broyage a lieu sur le domaine dans les plus brefs délais, chacun soucieux de goûter la nouvelle huile, désireux de vérifier l’arôme de foin et d’amande que l’AOP exige.

Et le goût?

«En respectant les critères du fruité mûr de l’AOP, l’huile doit être douce, pas trop amère, pas trop épicée mais avec une pointe de poivre», dit Sandrine.
Certes, vivre en Corse présente de nombreux avantages, mais pour gérer une entreprise d’huile d’olive, il peut y avoir des contraintes.

Sandrine admet : «Nous avons des infrastructures médiocres, surtout ici dans cette partie de la région de Nebbiu et devons parfois nous passer d’électricité. L’autre problème est de faire sortir l’huile d’olive corse en France métropolitaine. Cela prend du temps et peut également être coûteux. L’huile d’olive corse n’est pas bon marché, car la plupart d’entre nous ont de petites exploitations qui nécessitent beaucoup de main-d’œuvre, et il y a de la concurrence. »

Sandrine parle avec passion de la Corse, des oliviers et de l’huile d’olive corse, avec un courage et une gaieté si contagieux, je me rends compte que je pourrais lui parler pendant des siècles. «Travailler durablement sur les terres qui sont les nôtres et qui produisent nos olives est la plus grande marque de respect pour notre« île de beauté », pour la terre où nous vivons et que nous souhaitons léguer à nos enfants.»

Ce producteur d’huile d’olive corse pense chaque mot.

 

L’article original : http://provencialprovence.blogspot.com/2020/08/portrait-of-corsican-olive-oil-producer.html

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