
L’année 2025 s’impose comme un véritable point d’inflexion pour la filière oléicole mondiale et dessine déjà les grandes tendances de 2026.
Entre évolutions de la réglementation de l’huile d’olive, avancées scientifiques, arbitrages commerciaux et reconnaissance institutionnelle, le secteur de l’huile d’olive – et en particulier de l’huile d’olive vierge extra – a été profondément marqué, dans un contexte de tensions géopolitiques, de transition écologique accélérée et d’attentes accrues des consommateurs en matière de santé et de transparence.
À la lecture croisée des bilans publiés par Olimerca et des contenus les plus consultés sur Mercacei et jusdolive.fr, un constat s’impose : au-delà des réalités nationales, ce sont bien des enjeux globaux qui structurent désormais l’avenir de l’huile d’olive.
Santé et huile d’olive : un levier stratégique désormais mondial
L’un des faits majeurs de 2025 est sans conteste l’évolution du cadre réglementaire aux États-Unis. La Food and Drug Administration (FDA) a actualisé sa définition des “healthy claims”, ouvrant la possibilité pour l’huile d’olive d’être associée, sur une base volontaire, à une communication santé fondée sur son profil lipidique et ses bénéfices cardiovasculaires démontrés.
Cette décision, largement relayée et commentée dans les médias spécialisés internationaux, confirme une tendance lourde : l’huile d’olive n’est plus seulement un corps gras culinaire, mais un marqueur nutritionnel global.
Cette évolution du cadre réglementaire américain relance le débat sur les allégations santé applicables à l’huile d’olive vierge extra, notamment en comparaison avec la réglementation européenne, plus restrictive. En Europe, la dynamique est plus prudente, elle a rejeté la demande que QvExtra ! pour première allégation santé pour l’huile d’olive vierge extra et demande plus d’études.
L’Europe reconnaît les bénéfices des acides gras mono-insaturés lorsqu’ils remplacent les graisses saturées, et ceux des composés phénoliques de l’huile d’olive sous conditions analytiques strictes, mais elle n’a pas encore reconnu l’huile d’olive vierge extra comme aliment santé à part entière, comme aux US.
Il existe bien une allégation santé autorisée en Europe pour les acides gras mono-insaturés (AGMI), mais elle ne porte pas sur l’huile d’olive en tant que telle.
L’allégation autorisée sur les acides gras mono-insaturés (AGMI)
Règlement (UE) n° 432/2012, Allégation exacte (formulation officielle): « Le remplacement des acides gras saturés par des acides gras insaturés dans l’alimentation contribue au maintien d’une cholestérolémie normale. »
Conditions d’utilisation
-L’aliment doit être riche en acides gras insaturés (gras mono-insaturés (comme l’acide oléique) ou poly-insaturés),
-Et l’information doit porter sur un remplacement nutritionnel : on ne consomme pas “plus”, on remplace
On peut dire, par exemple :
-
que l’huile d’olive est riche en acides gras mono-insaturés
-
que remplacer des graisses riches en saturés par de l’huile d’olive contribue au maintien d’un cholestérol normal.
Commerce international de l’huile d’olive : entre opportunités et incertitudes
Plusieurs décisions ont marqué l’année :
-
Révision ou suppression de droits de douane sur certains marchés émergents, notamment en Amérique latine et au Brésil surtout, renforçant l’attractivité de l’huile d’olive sur des zones à fort potentiel de croissance.
-
À l’inverse, le retour de tensions protectionnistes sur certains axes du commerce international de l’huile d’olive, notamment avec les États-Unis, a rappelé la vulnérabilité du secteur oléicole face aux décisions politiques et géoéconomiques.
Dans ce contexte, l’Union européenne a poursuivi ses négociations commerciales internationales tout en intégrant des clauses de sauvegarde agricole, notamment dans les discussions avec les pays du Mercosur.
Un équilibre délicat entre ouverture des marchés et protection des filières agricoles structurantes.
Réglementation de l’huile d’olive et politiques publiques : vers plus de cohérence européenne
Autre axe structurant de 2025 : l’évolution des cadres réglementaires.
Au niveau européen :
-
La Politique Agricole Commune (PAC) poursuit sa simplification, avec une attention renforcée portée aux systèmes agricoles à forte valeur environnementale.
-
L’oliveraie traditionnelle et de montagne est de plus en plus reconnue pour son rôle multifonctionnel : biodiversité, stockage du carbone, maintien des paysages et vitalité des territoires ruraux.
Recherche et innovation : préparer l’olivier de demain
Le projet européen Gen4Olive, soutenu par l’Union européenne, a poursuivi ses travaux sur :
-
la diversité génétique de l’olivier,
-
la sélection de variétés plus résistantes au stress hydrique,
-
l’adaptation aux scénarios climatiques futurs.
Ces avancées, encore peu visibles du grand public, sont pourtant déterminantes. Elles annoncent une oléiculture où l’innovation variétale et la maîtrise agronomique seront indissociables.
Qualité, normes de l’huile d’olive et confiance du consommateur
Après plusieurs décennies de relative stabilité, l’année 2025 a été marquée par une série d’ajustements réglementaires concernant les huiles végétales, visant à mieux encadrer les pratiques, clarifier les catégories de produits et renforcer l’information du consommateur, dans un contexte de montée des exigences en matière de qualité et de transparence.
Ces évolutions ne traduisent pas une révolution normative, mais une volonté croissante, à l’échelle internationale, d’adapter des cadres anciens à une filière devenue plus complexe, plus mondialisée et plus exposée aux attentes sociétales. Quelques exemples d’évolutions ŕeglementaires :
1. Révision de la norme commerciale internationale (COI)
En juillet 2025, le Conseil oléicole international (COI) a adopté une révision de la norme commerciale applicable aux huiles d’olive et aux huiles de grignons d’olive.
Cette mise à jour porte notamment sur :
-
l’inclusion de nouvelles méthodes d’analyse pour les cires, triglycérides et diglycérides,
-
la suppression de la détection de traces de solvants halogénés dans la norme,
-
l’ajustement de certaines limites pour des paramètres physico-chimiques, en attendant des études supplémentaires.
Ce type de révision affecte directement la façon dont les huiles sont contrôlées et commercialisées à l’international, et sert de fondement à l’élaboration ou à l’harmonisation des normes nationales.
2. Évolution de la position européenne sur les catégories d’huile d’olive (COI)
En octobre 2025, l’Union européenne a adopté une décision relative à la position à prendre au sein du COI concernant la suppression d’une catégorie d’huile d’olive (“vierge courante”) de l’accord international, avec une application prévue pour 2028.
3. Nouveaux textes nationaux sur les huiles végétales (Maroc)
En décembre 2025, le Maroc a adopté un décret modernisant sa réglementation nationale sur les huiles végétales et les matières grasses :
-
Définition claire de différentes catégories d’huiles,
-
Étiquetage obligatoire reflétant la nature et le mode d’extraction,
-
Obligations de traçabilité et autorisation sanitaire pour les acteurs de la filière.
4. Propositions et initiatives réglementaires corrélées
La Commission européenne a travaillé sur un projet de règlement pour fixer des limites spécifiques de contaminants alimentaires, comme les composés issus d’huiles (ex. MOSH/MOAH), à des niveaux quantifiables et contrôlables.
Pour aller plus loin
Questions fréquentes
L’huile d’olive bénéficie-t-elle d’une allégation santé en Europe ?
Oui, mais de façon encadrée. L’Union européenne autorise une allégation concernant le remplacement des acides gras saturés par des acides gras insaturés, ainsi qu’une allégation spécifique aux composés phénoliques de l’huile d’olive sous conditions analytiques strictes.
Pourquoi parle-t-on d’un tournant pour la filière oléicole en 2025 ?
Parce que 2025 a combiné évolutions réglementaires, avancées scientifiques, tensions commerciales et nouvelles attentes des consommateurs, modifiant durablement les équilibres du secteur de l’huile d’olive.
Les normes de l’huile d’olive ont-elles changé en 2025 ?
Oui. Plusieurs ajustements réglementaires ont concerné les méthodes d’analyse, les catégories d’huiles d’olive et l’information du consommateur, notamment au niveau du Conseil oléicole international et de certains États (Maroc).
Sources
Food and Drug Administration (FDA – États-Unis), Commission européenne
Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA)
Conseil oléicole international (COI)
Projet européen Gen4Olive (Horizon Europe)
Analyses sectorielles : Olimerca, Mercacei
https://www.olimerca.com//noticiadet/2025-los-hechos-mas-relevantes-del-sector-del-olivar-y-el-aceite-de-oliva-/1e2d77fc56dc75cc72fa3a1e652d632e
https://www.mercacei.com/noticia/64319/actualidad/las-20-noticias-mas-leidas-en-2025.html
