Catégorie : Les Olives d’ailleurs

Long Jin Yuan – Chine

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La fine équipe devant l’entrée de Long Jin Yuan. – © In Olio Veritas

  • Producteur : Wang Rui
  • Marque : Long Jin Yuan
  • Année : 2015
  • Lieu : Longnan, Gansu, Chine
  • Oliveraie : 130 hectares
  • Variétés : Arbequina, Hojiblanca, Picual, Koroneiki
  • Récolte : d’octobre à novembre, à la main
  • Production : 300 000 L par an
  • Autres produits : infusion d’olivier, vinaigre, liqueur et vin d’olive
  • Spécificités : possède sa propre pépinière d’oliviers

Nouveaux entrants de l’huile d’olive chinoise, déjà si grands !

Le long d’une grand avenue grisâtre de la ville de Longnan, notre chauffeur s’arrête soudain sous un porche. Nous avons l’impression de débarquer chez un particulier. Oui et non, c’est aussi le siège et l’usine de Long Jin Yuan, entreprise familiale de production d’huile d’olive, qui atteint déjà près de 300 000 L d’huile d’olive par an. Mais aussi plein de produits dérivés de l’olive, disons, originaux… Rencontre avec la jeune Wang Rui.

In Olio Veritas – Pourriez-vous nous raconter un peu l’histoire de votre toute jeune entreprise ?

Wang Rui – En 2015, mon père, qui était pépiniériste à l’époque, a décidé d’étendre son activité à l’olive étant donné les incitations du gouvernement et le succès du secteur. Il a donc planté des arbres sur une centaine d’hectares dans les montagnes au dessus de chez nous, a fait construire un hangar pour y installer les deux lignes de production dans lesquelles nous avons investi, et un bâtiment pour les cuves, la mise en bouteille et le stockage. Un an plus tard, en 2016, c’était parti, nous produisions notre huile. L’année suivante, j’ai obtenu mon diplôme à l’Université d’Agriculture de Chengdu, et j’ai rejoint l’entreprise. Je m’intéresse surtout à la distribution. Aujourd’hui nous sommes près de 30 personnes à travailler pour l’entreprise.

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Le moulin bleu est une marque chinoise, le vert turque. – © In Olio Veritas

IOV – Quelles sont les variétés de vos arbres et de vos huiles ?

Wang Rui – Ce sont principalement les nouvelles variétés espagnoles cultivées dans la pépinières de l’institut de recherche sur l’olive : Arbequina, Hojiblanca, Picual, mais aussi quelques Koroneiki. Nous mélangeons toutes les variétés lors de la récolte en novembre, donc notre huile est un mix de tout cela.

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Une bouteille d’huile d’olive extra vierge Long Jin Yuan fraîchement remplie – © In Olio Veritas

IOV – Quels produits fabriquez-vous à partir de tous ces oliviers ?

Wang Rui – Avant tout de l’huile d’olive vierge extra. Nous en produisons près de 300 000 litres par an. Mais nous avons souhaité diversifier les produits pour éviter les déchets et proposer une offre originale. Nous produisons par exemple des tisanes de jeunes feuilles d’olivier, du vinaigre d’olive, mais aussi du vin d’olive et de la liqueur d’olive, à partir des grignons que nous faisons fermenter dans de larges amphores. Nous aimons bien expérimenter, et les clients qui connaissent l’huile d’olive semblent en apprécier ses dérivés.

IOV – Pour l’instant, quels sont vos canaux de distribution ?

Wang Rui – Nous vendons dans de nombreuses boutiques ici, dans la région de Longnan, ainsi qu’à Canton et son bassin de 15 millions d’habitants. Nous avons aussi quelques débouchés à Taiwan. L’année dernière nous avons pu écouler toute notre production. Mais nous devons nous organiser pour la suite, et il faudra du monde pour soutenir l’entrée sur de nouveaux marchés dans le pays.

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Carte de la distribution de l’huile Long Jin Yuan

IOV – Quels sont pour vous les plus gros défis pour faire décoller votre entreprise ?

Wang Rui – Le marché ! La production d’huile d’olive extravierge de qualité en Chine est très prometteuse et ne cesse d’augmenter. Rien que dans le district de Wudu, nous sommes 11 entreprises, dont la majorité produit plus de 100 000 L d’huile par an. Mais la consommation ne suit pas le même rythme. Peu de Chinois font la différence entre une huile d’olive basique et une huile d’olive de qualité. Pire encore, peu de Chinois savent que la Chine produit elle-même de l’huile d’olive de qualité. Ils font plus confiance à l’Espagne ou à l’Italie. Nous ne sommes pas encore équipés pour aller sur d’autres marchés à l’international, donc nous allons participer à éduquer le marché chinois.

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La famille de Wang Rui a vu les choses en grand dès le début. – © In Olio Veritas

IOV – Merci Miss Rui. Testons donc cette huile !

Au milieu des diplômes et accréditions de l’entreprise, sous le regard curieux de nos hôtes et sage des statues environnantes, Miss Rui nous fait déguster les différents produits de leur gamme. Elle nous serre son huile d’olive vierge extra pressée il a quelques mois dans un petit verre en carton. L’huile est assez épaisse en bouche et très légère au goût. Pas d’ardence, ni d’amertume. Mais pas de défaut non plus, on sent que le produit est frais. Nos hôtes chinois n’ont pas vraiment d’avis sur la question.

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Lao Tseu a dit : « Le plus grand arbre est né d’une graine menue. », ce qui a l’air de bien faire marrer Bouddha – © In Olio Veritas

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Yu Sheng Kang – Chine

Bienvenue chez Yu Sheng Kang ! – © In Olio Veritas

  • Producteur : Pu Jianxin
  • Marque : Yu Sheng Kang
  • Année : 2009
  • Lieu : Wudu, Gansu, Chine
  • Oliveraie : –
  • Variétés : nombreuses, notamment : Leccino, Koroneiki, Pendolino, Frantoio, Picual, Arbequina, etc.
  • Récolte : novembre, à la main
  • Production : 200 000 L par an
  • Autres produits : –
  • Spécificités : achat des olives aux oléiculteurs de 20 villages

Produire de l’huile d’olive dans le Gansu, un business fructueux !

Parmi les 11 grosses entreprises d’huile d’olive du district de Wudu (production >100 tonnes par an), nous avons rendez-vous ce matin chez Yu Sheng Kang, dans une zone industrielle sinitre au pied de l’autoroute qui longe le fleuve Bailong. Très loin de l’icône paysanne, ici on parle usine, business et showroom, dans un cadre assez bling-bling. Entretien avec M. Pu dans des trônes de bois sculpté.

Reçus dans la luxueuse salle de réception, nous échangeons avec le fondateur grâce à notre traducteur M. Liu – © In Olio Veritas

In Olio Veritas – Quand et pourquoi avez-vous décidé de vous lancer dans l’huile d’olive ?

Pu Jianxin – Pendant des années, j’ai travaillé dans le bâtiment, ici dans la province de Longnan. Mes ouvriers étaient pour la plupart aussi agriculteurs, et j’ai découvert que beaucoup avaient des oliviers, et des olives, qu’ils ne transformaient pourtant pas faute de temps et de matériel. J’ai vu là une bonne opportunité et, comme j’avais les moyens, j’ai investi en 2009 dans cette usine avec un grand moulin Pieralisi et un bâtiment de bureaux avec un showroom. En 2010, j’ai créé l’entreprise et la marque Yu Sheng Kang et j’ai démarché des oléiculteurs de la province pour leur proposer de collaborer.

Le moulin Pieralisi est un must-have pour M. Pu. – © In Olio Veritas

IOV – Donc vous avez une chaine de production et une marque, mais pas d’oliviers en propre, c’est bien cela ?

Pu Jianxin – Oui, le fonctionnement est simple : au moment de la récolte, de fin octobre à fin novembre, les paysans partenaires viennent à l’usine pour me vendre leurs olives. En 2018, j’ai acheté plus de 1 000 tonnes d’olives à des cultivateurs issus de 20 villages de la province. Ensuite, je m’occupe avec mon équipe de 40 personnes de la production d’huile d’olive extra vierge de qualité, et de la distribution en Chine, principalement dans la région du Gansu, mais aussi à Pékin.

Le packaging noir et or dans une boîte de velour, so chic ! – © In Olio Veritas

IOV – Si ce n’est pas indiscret, quel est le prix d’achat des olives aux cultivateurs ?

Pu Jianxin – Cela dépend des variétés et de l’état des olives. La plupart des paysans ont entre 3 et 5 variétés différentes, qu’ils m’apportent mélangées. Mais d’autres arrivent à séparer, donc cela vaut plus. En moyenne, je dirais que le prix d’achat est de 6 Yuans le kilo (0,85€/kg), ce qui est positif pour les paysans, sachant que la plupart m’apportent environ 8 tonnes d’olives. C’est un bon business.

C’est sur cette esplanade devant l’usine qu’a lieu l’achat d’olives en novembre. – © In Olio Veritas

IOV – Vous semblez enthousiaste ! Comment voyez-vous le futur de l’huile d’olive en Chine dans 10 ans ?

Pu Jianxin – Dans 10 ans ? En Chine tout va beaucoup plus vite, il faut penser à 3 – 5 ans. Pour moi, l’avenir de l’huile d’olive en Chine est bon. Pour l’instant la population ne connait pas bien l’huile d’olive et ne sait pas faire la différence entre la bonne et la mauvaise qualité. Un sondage récent a montré que seuls 0,14% des Chinois achètent de l’huile d’olive. La plupart ne sait même pas qu’on produit de l’huile d’olive de qualité dans leur propre pays, ici dans le Gansu. C’est normal, puisque l’huile d’olive n’existe pas encore dans la gastronomie chinoise. Mais ça va changer ! Le gouvernement organise de grandes campagnes de publicité pour promouvoir l’huile d’olive et ses bienfaits pour la santé, et montrer que la production d’huile d’olive de qualité n’est pas réservée aux pays européens. La Chine est un grand pays et donc un grand marché potentiel pour l’huile d’olive locale.

Le futur sera rutilant pour l’huile d’olive chinoise selon M. Pu. – © In Olio Veritas

IOV – Pouvez-vous nous montrer quelques exemples de publicité du gouvernement ?

Pu Jianxin – Bien sûr ! Regardez ce beau reportage sur notre entreprise sur CCTV. Et il y en a eu plusieurs. Il y a aussi des publicités sur les réseaux sociaux. Ils mettent les moyens financiers pour changer rapidement les habitudes de consommation locale, en mettant en avant les bénéfices et en montrant qu’ici en Chine nous faisons les choses bien : culture bio, récolte à la main, lignes de production technologiques, laboratoires de recherches, marketing, etc.

Plusieurs reportages sur la TV Nationale CCTV romancent la production d’huile d’olive en Chine – © In Olio Veritas

IOV – Merci M. Pu. Allons déguster maintenant, si vous le voulez bien !

M. Pu nous accompagne dans la boutique showroom, au rez-de chaussée de ses bureaux. La mise en scène est épurée et les étagères de bouteilles sont surmontées de cadres affichant les publicités de la marque Yu Sheng Kang. M. Pu nous tend des verres à pieds pour déguster son élixir de 2018. La robe dorée est belle, mais l’huile reste assez fade. Pas de défaut, mais pas une once de piquant ou d’amertume. On imagine que cela est dû à l’indifférence avec laquelle les nombreuses variétés cultivées dans la région sont mélangées au moment de la presse. Peu importe, notre hôte ne semble pas tant s’intéresser au goût, qu’à l’image !

L’huile d’olive vierge extra bio Yu Sheng Kang saura-t-elle nous séduire ou nous surprendre ? – © In Olio Veritas

Pour en savoir plus sur l’huile d’olive en Chine, retrouvez tous nos articles ici.

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Shan Quan He Tao – Chine

C’est au fond des Gorges du Saut du Tigre dans le Yunnan en Chine, après des kilomètres de train et de bus, puis 9 heures de marche sur 1200 mètres de dénivelé, que nous rencontrons enfin Sean. D’origine tibétaine, sa famille est installée dans les gorges depuis plus de cinq générations et produit des noix et de l’huile de noix, dans ce village surnommé Walnut Garden. Mais depuis 5 ans, une initiative gouvernementale pousse les fermiers du coin à se convertir à l’olive. Sean s’est donc penché sur la question. Il nous partage sa vision bien trempée.

Sean est producteur d’huiles, mais aussi guide de haute montagne dans les Gorges du Saut du Tigre – © In Olio Veritas

In Olio Veritas – Avant toute chose, Sean, pourriez-vous nous décrire où nous sommes ?

Sean – Nous sommes à la sortie des Gorges du Saut du Tigre, dans le petit village de Jiangbian à environ 1800 mètres d’altitude. C’est le fond de la vallée au bord du mythique fleuve Yangtze. Les montagnes des Gorges s’élèvent jusqu’à 5600 mètres d’altitude. Le Mont Enneigé du Dragon de Jade culmine à 5596 mètres précisément. Ici le terrain est plat et cultivé depuis toujours. Dans le village, certains oliviers ont près de 10 ans, mais dans les champs ils sont très jeunes, entre 2 et 5 ans.

Au milieu des champs de maïs et d’orge de la plaine du Yangtze, de jeunes oliviers font face aux hautes montagnes. – © In Olio Veritas

IOV – Cette altitude et le climat de haute montagne qui va avec sont-il propices à la culture de l’olivier ?

Sean – Parfaitement ! Tout pousse ici. Il fait chaud et relativement sec toute l’année. Regardez, ce matin de février il fait près de 15°C. Il y a quelques années une étude du gouvernement a montré que la région était l’une des plus favorables de Chine pour la culture de l’olive. A l’intérieur des gorges, c’est différent : l’ensoleillement est moins bon et les arbres ont tendance à pousser très haut pour attraper le soleil. Ce qui est une galère pour la récolte.

Les Gorges du Saut du Tigre, Yunnan, Chine – © In Olio Veritas

IOV – L’implantation de l’olive ici est donc un choix gouvernemental plus qu’une évolution de l’agriculture locale ?

Sean – Oui. Depuis 5 ans le gouvernement déploie un « projet olive » qui incite chaque paysan à se lancer dans l’olivier au détriment des cultures traditionnelles de la région comme le maïs, le colza, les noix, etc. Chaque canton a sa presse en vue de produire de l’huile d’olive. Mais c’est absurde pour les paysans ! Il ne peuvent pas s’en sortir, car il faut 8 ans avant qu’un olivier ne donne le moindre fruit. Les oliviers sont là mais les paysans préfèrent se concentrer sur d’autres cultures, comme le très juteux fruit du dragon.

Les champs de fruits du Dragon sont bien plus imposants que les oliveraies de la région. – © In Olio Veritas

IOV – D’où viennent ces oliviers et de quelle formation ont pu bénéficier les paysans ?

Sean – Tous les oliviers viennent d’Israël. Je ne connais pas le nom des variétés mais je sais les reconnaître à la couleur des feuilles. Je sais que les verts foncés donneront plus de fruits que les gris. Avec les oliviers, nous avons reçu un expert Israélien qui a proposé des formations dans la vallée. Aujourd’hui les nouveaux arbres sont développés sous serre dans une pépinière du village d’à côté, Daju.

Des oliviers israéliens de près de 10 ans sont mis en exposition dans le village de Jiangbian. – © In Olio Veritas

IOV – La culture de l’olivier est donc très récente. A qui est ou sera destinée l’huile d’olive ?

Sean – Aux riches ! On nous dit que l’huile d’olive est bonne pour la santé. Je ne sais même pas exactement en quoi. Mais le prix montre la préciosité et que cette huile n’est pas faite pour tout le monde. Seuls les riches dans les villes peuvent s’offrir ça. Pas les paysans d’ici.

Cette brochure explique les bienfaits de l’huile d’olive pour la santé. – © In Olio Veritas

IOV – Quel est selon vous l’avenir de l’huile d’olive dans cette région du Yunnan ?

Sean – Des grosses entreprises se sont emparées du sujet et font un réel business de l’huile d’olive en Chine, donc cela peut marcher pour eux. Mais je ne pense pas que cela aide la population locale. Traditionnellement ici on fait de l’huile de noix, qui a bien plus d’odeur que l’huile d’olive. L’olive ne peut pas égaler la noix ici, je vous le dis !

C’est l’huile de noix qui fait la fierté de Sean. – © In Olio Veritas

IOV – Merci Sean !

De retour chez Sean, nous visitons sa boutique. L’huile d’olive est vendue dans une fiole minuscule avec une pipette pour la consommer au goutte à goutte. L’huile d’olive est encore un produit marginal dans le Yunnan et la culture de l’olivier poussée par le gouvernement peine à motiver les paysans locaux. Mais Sean va continuer à suivre cela de près, en s’assurant que les populations locales en tirent aussi des bénéfices.

La fiole d’huile d’olive ressemble plus à un échantillon de parfum qu’à une huile de cuisine ! – © In Olio Veritas

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Distribution des importations mondiales d’huile d’olive


[…] Le Japon accapare en moyenne 7 % des importations mondiales d’huile d’olive et se situe au quatrième rang derrière les États-Unis (36 %), l’Union européenne (15 %) et le Brésil (8 %), ces quatre pays totalisant 66 % des importations mondiales […]. Cette infographie et ces données expliquent pourquoi le marché nippon et le marché américain sont autant prisés ces dernières années par les producteurs d’huile d’olive. Le Japon est un marché très qualitatif et 7% des importations mondiales ce n’est pas rien pour un pays de cette taille (en comparaison avec la Russie ou le Brésil par exemple). Retrouvez les particularités de l’huile d’olive au Japon dans un article paru en avril 2018.

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祥宇 Xiangyu – Chine

La traditionnelle photo de groupe avec les producteurs de chez Xiangyu. – © In Olio Veritas
  • Producteur : Madame Yuhong Liu
  • Marque : Xiangyu
  • Date d’installation : 1997
  • Lieu : district de Wudu, province du Gansu
  • Oliveraie : 1 000 ha en propre + coopérative sur 20 000 ha
  • Variétés : Leccino, Koroneiki, Pendolino, Picual, Picholine, mais aussi les variétés chinoises Ezhi-8 et Gheng’Gu-32
  • Récolte : octobre et novembre, à la main
  • Production : > 2 millions de litres par an
  • Autres produits : une centaine de produits : olives de table sucrées, beauté & santé, accessoires en bois d’olivier…
  • Spécificités : premier producteur industriel implanté dans le Gansu, et leader du marché chinois

Le plus gros producteur chinois à la conquête du monde ?

Fondée il y a 20 ans, Xiangyu a été une des premières sociétés à investir le champ alors naissant de l’huile d’olive extra-vierge en Chine, avec la qualité et la R&D comme maîtres mots, et un modèle hybride entre oliveraies en propre et système coopératif. Un pari gagnant puisque l’entreprise, qui emploie aujourd’hui 300 personnes et a récemment pris possession de nouvelles installations ultra-modernes, est le leader de l’huile d’olive chinoise. Et commence à lorgner le marché européen… Rencontre avec Yuhong Liu, présidente de Xiangyu, et fille de son défunt fondateur.

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Intense discussion avec Mme Liu, par l’intermédiaire de notre sympathique traducteur M.  Zhifeng. – © In Olio Veritas

In Olio Veritas – Madame Liu, merci de nous recevoir. Pouvez-vous nous raconter l’histoire de votre entreprise Xiangyu ?

Madame Liu – Dans les années 90, mes parents ont décidé de planter des oliviers, pour leur qualité esthétique, sur leurs terres dans les montagnes du Gansu. Parallèlement, des recherches scientifiques du gouvernement ont démontré l’adéquation de la région pour la culture de l’olivier. D’autres familles suivirent l’exemple, et quand tous ces oliviers commencèrent à donner des fruits, on se rendit compte qu’il n’y avait pas de moulin pour les transformer en huile. Alors, en 1997, mon père a installé le premier moulin de la province, pour extraire l’huile de ses olives mais aussi de celles d’autres cultivateurs de la région. Ce principe de coopération est aujourd’hui encore le fondement de notre entreprise.

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L’usine se trouve aux pieds des montagnes sur lesquelles grimpent des oliviers en terrasse. Notez la déco : un olivier taillé « à la chinoise » – © In Olio Veritas

IOV – Donc votre huile ne provient qu’en partie de vos oliviers ?

Madame Liu : C’est bien cela. L’entreprise a aujourd’hui plusieurs centaines d’hectares d’oliviers en propre, dont une partie sert comme base de recherche scientifique sur des questions relatives, par exemple, à l’irrigation, la taille des arbres, la fertilisation des sols, etc. Mais la majeure partie de l’huile que nous produisons provient d’olives que nous achetons à plus de 45 000 petits exploitants agricoles des villages alentours.

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Une brochure explique le lien avec les paysans. On comprend mieux l’aquarelle que le Chinois!

IOVPouvez-vous détailler les modalités de cette collaboration, et comment vous rémunérez ces paysans ?

Madame Liu – Nous avons mis en place un système très vertueux, qui a contribué à réduire la pauvreté de la région du Gansu. Nous faisons planter des oliviers à nos frais chez tous les paysans qui le souhaitent, puis nous formons ces derniers aux techniques de cultures des arbres et bien sûr leur apportons notre support quand nécessaire. Puis, une fois venu le temps de la récolte, nous achetons leurs olives. Plus de 15 000 tonnes chaque année, ce qui représente environ 100 millions de yuans (13 millions d’euros) réinjectés dans ces foyers. Certains ont quelques oliviers seulement, ce qui leur fait un complément de revenus ; d’autres à l’inverse en ont fait leur activité principale.

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Tous les villages de la province sont plantés d’oliviers en terrasse, jusqu’à 1300 m d’altitude. – © In Olio Veritas

IOV – Comment s’assurer de la qualité de la matière première que vous achetez quand on travaille avec autant de petits fournisseurs ?

Madame Liu – Compte tenu des plantations en terrasse, la récolte se fait entièrement à la main, ce qui abîme bien moins les fruits que la récolte mécanique. C’est notre premier gage de qualité. Par ailleurs, en 2015, nous avons investi massivement dans une nouvelle usine, avec un moulin, de grandes cuves de stockage et 3 lignes de mise en bouteille ultra-modernes. Ce nouveau moulin, qui peut presser 560 tonnes d’olives par jour, nous permet de traiter toutes les olives dans les 8 heures qui suivent leur récolte. C’est le second gage de qualité de notre production, puisque les fruits et l’huile conservent ainsi un maximum de leur propriétés organoleptiques et composés phénoliques.

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Étiquetage et empaquetage : dernières étapes au bout d’une des 3 lignes de conditionnement de Xiangyu – © In Olio Veritas

IOV – Vous revendiquez une production biologique, mais là encore comment s’en assurer quand on travaille avec autant de partenaires ?

Madame Liu – C’est assez facile, vous allez voir ! Dans le Gansu, non seulement le climat est adapté à l’olivier mais surtout il n’y a ni maladies, parasites ou champignons susceptibles d’attaquer les arbres. Nous n’avons donc tout simplement pas besoin de traiter les arbres.

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Le climat de la vallée du Bailong est sec, et le sol alcalin, argileux et sablonneux : idéal pour l’olivier ! – © In Olio Veritas

IOV – Avec plus de 2 millions de litres par an, vous avez une production importante à écouler. Quels sont vos marchés et vos canaux de distribution ?

Madame Liu – Pour l’heure nous opérons uniquement sur le marché chinois. Nous avons une vingtaine de boutiques dans les principales villes du pays, et sommes présents dans de nombreux autres points de vente physiques. De plus, depuis 2012, et l’incitation du gouvernement central à développer le e-commerce, nous privilégions la vente en ligne, sur des sites chinois comme Alibaba, Tmall, Taobao, Suning… Par ailleurs nous ne vendons pas que de l’huile d’olive extra-vierge puisque nous avons une gamme très diversifiée : produits de santé, cosmétiques, thé et autres produits alimentaires, objets d’artisanat… Nous avons plus de 100 produits référencés et une équipe « innovation » qui en développe de nouveaux chaque année.

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La boutique au pied de l’usine fait rêver le visiteur par ses superbes produits et packagings. – © In Olio Veritas

IOV – Avez-vous des ambitions à l’international ?

Madame Liu – Bien sûr ! Notre mot d’ordre est « plus grand et plus fort ». Nous commençons donc à regarder comment travailler à l’international. Une entreprise espagnole nous a sollicités en vue d’un partenariat. Je me rends moi-même chaque année en Europe pour rencontrer des confrères et des experts.

« Become bigger and stronger », le mot d’ordre de Xiangyu mis en lumière avec cet ambitieux projet de Cité de l’Olive à 50M€. Rendez-vous dans 10 ans ?

IOV – Avez-vous conscience qu’en Europe, Chine ne rime pas forcément avec qualité, surtout pour un produit qui a été l’apanage du bassin méditerranéen pendant des millénaires ?

Madame Liu – Oui et c’est dommage car il n’y a qu’à goûter notre huile pour se convaincre du contraire. C’est d’ailleurs pour cela que nous prenons désormais part aux principaux concours internationaux d’huile d’olive extra-vierge. Nous avons été distingués à plusieurs reprises : à Tokyo, à Los Angeles et à New-York notamment. Cette histoire d’origine et de qualité est vraiment absurde : l’huile que nous produisons est bien meilleure que les huiles italiennes ou espagnoles importées en Chine et vendues en supermarché. Mais de nombreux consommateurs chinois privilégient pourtant ces huiles européennes, pensant eux aussi qu’elles sont de meilleure qualité. Nous avons donc un important travail d’éducation à mener.

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Xiangyu a gagné plusieurs médailles lors de compétitions internationales – © In Olio Veritas

IOV – Merci pour votre temps Madame Liu, et peut-être pouvons-nous justement passer à la dégustation ?

Compte tenu des conditions de récolte et de production, la quasi-totalité des huiles d’olive extra-vierge produites par Xiangyu sont des mélanges de différentes variétés. Mais il existe quelques huiles mono-variétales. Le blend auquel nous goûtons dégage une odeur fraîche dès le verre porté au niveau du menton. En bouche, ce fruité vert de moyenne intensité présente un peu d’amertume mais révèle surtout une belle ardence. De loin la meilleure huile que nous ayons gouté en Chine !

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Pagode et oliviers en terrasse, c’est ça la Chine ! – © In Olio Veritas

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L’huile d’olive à la sauce chinoise

La Chine est un pays fascinant à bien des égards et fait l’objet de nombreux fantasmes pour nous autres occidentaux. Son exotisme oriental et ses traditions millénaires séduisent les Européens depuis que Marco Polo les a relatés dans son Devisement du Monde, tandis que les velléités d’hégémonisme économique de Pékin inquiètent, voire effraient. Alors que se passe-t-il quand l’Empire du Milieu s’empare de l’olivier, le plus ancien et flamboyant symbole de la civilisation méditerranéenne ?


EN UN CLIN D’ŒIL

  • Début : années 1960
  • Production : 6 000 tonnes d’huile d’olive par an
  • Consommation : 45 000 tonnes, soit 0,03 L par habitant
  • Régions de culture : Gansu, Yunnan, Sichuan, Chongqing, Shanxi et Jiangxi
  • Producteurs : 15 000 employés dans le secteur
  • Nombre d’oliviers : 150 000 hectares
  • Variétés principales : une centaine, dont Frantoio, Leccino, Picholine, E’Zhi n°8, Coratina, Picual, Koroneiki, Arbosana, Hojiblanca, Manzanillo, Arbequina, Cheng’Gu n°32, etc.
  • Récolte : fin octobre – fin novembre
  • Certifications : Label Bio
Carte de Chine OLIVES
Carte des entreprises oléicoles de Chine – MDPI 2018

La brève histoire de l’huile d’olive en Chine

Au commencement étaient 30 arbres. Trente oliviers, offerts en 1956 par le dictateur albanais Enver Hoxha à son homologue Mao Zedong, en guise d’amitié entre les deux pays communistes. Huit ans plus tard, Zhou Enlai, l’éternel Premier Ministre de Mao, sensible à la bonne réputation de l’huile d’olive pour la santé, fit signe au régime albanais, qui envoya cette fois-ci plus de 10 000 plants d’oliviers et deux experts dans les bagages. L’aventure pouvait commencer !

Chez Xiangyu, une exposition retrace l’histoire de l’huile d’olive en Chine. – © In Olio Veritas

Le gouvernement chinois fit planter ces souches dans huit provinces différentes du pays, toutes situées au sud du Yangtze, le fameux « Fleuve Bleu » qui marque depuis des millénaires la frontière symbolique entre le nord de la Chine, où l’on cultive le blé ou le sorgho, et le sud avec ses rizières, la soie et le coton.

Après deux décennies d’expérimentations, le ministère de l’agriculture retînt le district de Wudu, le long de la rivière Bailong, dans la province du Gansu, comme aire la plus propice à la culture de l’olivier. Et y lança au tournant du siècle une politique d’aide au développement d’une oléiculture made in China, soutenue par des subventions et investissements réguliers. En 2016 le gouvernement a ainsi débloqué 10 millions de yuan (1,4M€) pour le secteur. 

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La vallée du fleuve Bailong, ses montagnes et ses terrasses d’oliviers. – © In Olio Veritas

Une consommation toute récente et encore réservée aux nantis

En parallèle, l’ouverture du pays sur le monde extérieur initiée par Deng Xiaoping, a permis aux premières bouteilles d’huile d’olive européenne d’arriver sur le marché chinois, à des prix certes prohibitifs pour le commun des mortels, mais accessibles pour la bourgeoisie florissante des grandes villes. Vu l’attachement du régime chinois à l’équilibre de sa balance commerciale, on comprend sa volonté de développer la production domestique !

L’import d’huile d’olive d’Europe a la cote, et l’Espagne en tête avec 80% des importations, suivie par l’Italie, avec la marque Olivoilà et son puissant marketing.

Aujourd’hui le marché chinois de l’huile d’olive est limité : la consommation est estimée à 45 000 tonnes par an, équivalent à celle de l’Australie … pourtant 60 fois moins peuplée. Cela représente 0,15% seulement des 35 millions de tonnes du marché chinois des huiles comestibles, dominé par le colza et le soja. L’huile d’olive est en réalité perçue en Chine comme un produit de luxe, que l’on offre en cadeau pour ses vertus quasi médicinales, et, s’il est possible d’en trouver en supermarché, son prix au litre reste 10 à 20 fois supérieur à celui des autres huiles.

En 2018, et malgré les efforts du gouvernement chinois, la production locale ne couvre encore que 13% de la consommation, avec 6 000 tonnes produites annuellement. Mais c’est déjà 3 fois plus qu’il y a 3 ans. En effet, dans les provinces du Gansu, du Yunnan ou du Sichuan, loin du regard des consommateurs dans les grandes villes, d’ambitieux entrepreneurs chinois soutenus par le gouvernement investissent le terrain massivement et s’apprêtent à faire une razzia sur un marché intérieur dont ils perçoivent l’immense potentiel.

Voyage en Terre du Milieu

Nous avons d’abord exploré le Yunnan, au sud de la Chine, pour se faire une première idée de l’oléiculture locale, avant de passer aux choses sérieuses en remontant vers le centre de l’Empire du Milieu, dans le Gansu et son fameux district de Wudu, qui concentre plus de 80% de la production chinoise d’huile d’olive.

Dans le Yunnan, ces plantations d’oliviers clairsemées poussent au milieu d’autres cultures. – © In Olio Veritas

Nous y avons été reçus comme des rois par les équipes de Xianyu, le premier producteur d’huile d’olive extra-vierge chinoise, qui ont organisé 4 journées de visites passionnantes. Étonnés malgré tout par notre démarche, pour ne pas dire suspicieux dans un premier temps, nos hôtes se sont adjoint les services du sympathique Mister Liu en tant que « traducteur ». Sa maîtrise approximative de l’anglais et sa qualité d’agent au sein de l’office gouvernemental des forêts peuvent laisser à penser que son rôle était en réalité un peu différent…

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Déjeuner à base d’huile d’olive chinoise, avec la direction de Xiangyu, un officiel du gouvernement, deux journalistes de la CCTV, et notre interprète M. Liu bien sûr ! – In Olio Veritas

Mais avec son sourire et sa connaissance pointue des oliviers, que M. Liu a contribué à implanter ici, son escorte s’est finalement révélée des plus agréables. Voici ce que nous avons découvert à ses côtés.

Les Chinois prêts à déplacer les montagnes

Les études scientifiques de l’Institut Chinois de recherche sur l’Olive ont rapidement souligné les avantages du district de Wudu pour la culture de l’olivier : un sol sablonneux adéquat compte tenu du climat sec et ensoleillé, et un terrain vierge de pollution – ce qui est notable quand 20% des terres agricoles de Chine sont gravement polluées. Sans oublier l’absence de maladies, parasites ou champignons nuisibles aux arbres, ce qui explique qu’une grande partie de la production soit certifiée biologique.

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Sur la base de démonstration de l’Institut de recherche sur l’Olive, M. Liu nous montre les différentes expérimentations menées. – © In Olio Veritas

Ainsi de nombreuses variétés européennes (Leccino, Frantoio, Picholine, Hojiblanca…) réussirent à s’épanouir dans les pépinières expérimentales, qui développèrent également deux nouvelles variétés chinoises : la Ezhi-8, qui donne effectivement satisfaction, et la Gheggu-32 dont le rendement en huile n’est finalement pas aussi bon qu’escompté, selon M. Liu.

La Ezhi-8 est une variété d’olive chinoise développée pendant la famine des années 60 en Chine. – © In Olio Veritas

Seul véritable hic pour l’oléiculture : le relief du terrain, en pleine zone montagneuse. Le lit de la rivière Bailong, qui coule à 900 mètres d’altitude, est entouré de sommets s’élevant de manière abrupte à plus de 2000 mètres. Il en aurait toutefois fallu davantage pour décourager les autorités et les habitants du coin qui, sans doute poussés par un atavisme séculaire, se mirent tout simplement à terrasser les montagnes, comme dans les splendides rizières du Yunnan, pour y planter des oliviers jusqu’à 1300 mètres d’altitude.

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De loin les montagnes semblent striées. Quel choc quand on comprend qu’il s’agit de terrasses d’oliviers à perte de vue ! – © In Olio Veritas

Étant donné la faible pluviométrie de la région (400mm par an), il a également fallu construire un système d’irrigation pompant l’eau de la rivière Bailong jusqu’au sommet des oliveraies, d’où elle puisse ensuite ruisseler à travers les terrasses. Une fois de plus la détermination et les moyens humains comme financiers sont en Chine source de solutions créatives !

De la typologie du producteur chinois d’huile d’olive

Au cours de nos pérégrinations, nous avons rencontré trois principaux types de producteurs d’huile d’olive. Tout d’abord, comme Sean dans le Yunnan, ceux qui auraient bien aimé continuer à faire autre chose mais à qui les politiques gouvernementales ne laissent pas beaucoup de marge. Ensuite, comme Long Jin Yuan ou Yu Sheng Kang dans le Gansu, ceux qui y ont vu un investissement prometteur mais n’ont pas véritablement de passion ni de connaissances techniques sur le sujet. Et enfin, comme le leader Xiangyu, ceux qui sont mus par un réel intérêt pour le produit, la recherche de la qualité et l’innovation.

La traditionnelle photo de groupe avec les producteurs de chez Xiangyu. – © In Olio Veritas

Dans tous les cas, l’organisation de la production semble suivre un même schéma. Des dizaines de milliers de petits paysans cultivent des oliviers sur leur lopin de terre, parfois en monoculture, parfois aux côtés d’autres cultures vivrières. Ils vendent les olives qu’ils récoltent aux quelques entrepreneurs ayant investi dans des lignes de production, monnayant environ 6 yuans le kilo (0,85€). Dans le district de Wudu, on compte 11 entreprises seulement capables de transformer les olives, qui produisent à elles seules plus de 4 000 tonnes d’huile d’olive par an. Dont 2 000 tonnes rien que pour la société Xiangyu, qui fait heureusement partie des producteurs consciencieux. Et travaille avec 45 000 exploitants différents.

La brochure de Xiangyu explique la collaboration avec les paysans. On comprend mieux l’aquarelle que le Chinois !

Main d’œuvre pléthorique et transferts de technologie, la recette chinoise ?

45 000, vous avez bien lu. Nous sommes en Chine après tout ! Et il faut bien tous ces bras pour assurer la récolte des olives, qui se fait entièrement à la main, olive par olive, de fin octobre à fin novembre. Les terrains escarpés et la nature sablonneuse des sols empêchent en effet toute mécanisation de la récolte. Quant aux peignes vibrants hydrauliques ou électriques, ils viennent tout juste de faire leur apparition chez certains paysans, nous confirme M. Liu, mais ne devraient pas se démocratiser trop rapidement compte tenu des petites surfaces exploitées par chacun.

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Droit dans le pentu ! – © In Olio Veritas

Du côté des usines, c’est le nec plus ultra. Les lignes de conditionnement allemandes aux mécanismes infaillibles côtoient les moulins italiens les plus modernes. Jusqu’à ce que … attendez, est-ce bien un moulin de marque chinoise que l’on voit là ? Ainsi, même pour un marché aussi bourgeonnant que l’huile d’olive, les Chinois semblent pratiquer le transfert de technologies – celui contre lequel Donald Trump vitupère tant.

Le moulin bleu est une marque chinoise, le vert turque. – © In Olio Veritas

Car en dépit de la taille réduite du marché et de la prédominance des huiles d’olive étrangères, tous veulent croire ici, et se préparent, à un boom de la consommation dans les années à venir. Ainsi qu’à une amélioration de l’image de la production chinoise, qui souffre encore d’un déficit de notoriété par rapport aux huiles européennes, pourtant de qualité très médiocre si l’on se fie à celles que nous avons goûtées (rances).

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Xianyu participe aux concours internationaux pour redorer le blason de l’huile d’olive chinoise. – © In Olio veritas

En quittant Wudu, on ne peut s’empêcher de penser que l’on n’a visité là qu’un seul minuscule district d’un pays bien plus vaste que l’Europe. Et que si la Chine applique à tous les produits originellement importés la même recette, elle n’aura bientôt plus à se soucier des barrières douanières tant sa production domestique suffira à couvrir ses besoins. Avant de renverser la table et partir à la conquête du monde ?

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L’huile d’olive en Nouvelle-Zélande, une production marginale ?

Des moutons à l’ombre des oliviers : c’est ça la Nouvelle-Zélande ! – © In Olio Veritas

Si les premiers oliviers en Nouvelle-Zélande remontent au XIXème siècle, ce n’est qu’à partir des années 1980 que les Néo-Zélandais ont commencé à consommer de l’huile d’olive autrement que comme un médicament digestif acheté en pharmacie. C’est à ce moment que la production locale d’huile d’olive vierge extra a commencé à se développer. Pourtant aujourd’hui elle ne couvre encore que 10% de la consommation néo-zélandaise. Comment expliquer cette inertie ?

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Portrait de Aquiferra – Nouvelle-Zélande

Shona et Bob d’Aquiferra. – © In Olio Veritas

Intrigués par l’intérêt qu’avait manifesté John Dodgson pour la région côtière de Hawke’s Bay et son climat (voir notre article précédent sur Mount Grey Olives), nous nous sommes rendus sur place et avons pris rendez-vous avec Bob Marshall et Shona Thompson, couple de sexagénaires qui exploite une petite oliveraie en bons élèves de l’agriculture conventionnelle. Retrouvez le spécial Nouvelle-Zélande L’huile d’olive en Nouvelle-Zélande, une production marginale ? 

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Portrait de Matiatia grove – Nouvelle-Zélande

Margaret et John Edwards, fondateurs de Matiatia Grove – © In Olio Veritas

Au large d’Auckland, se trouve la magnifique île de Waiheke. Les touristes et aucklandais en villégiature y affluent, mais ses collines et son climat très doux y ont aussi attiré de nombreux viticulteurs. D’autres ont préféré se tourner vers l’olivier, à l’instar de John et Margaret Edwards, dont l’huile d’olive extra-vierge est l’une des plus réputées de Nouvelle-Zélande. Près de 30 ans après la plantation de leur oliveraie, Margaret est aujourd’hui une personnalité reconnue dans l’univers de l’EVOO et la seule citoyenne néo-zélandaise exerçant en tant que juge au sein des grands concours internationaux de dégustation d’huile d’olive. Retrouvez le spécial Nouvelle-Zélande L’huile d’olive en Nouvelle-Zélande, une production marginale ? 

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Portrait de Mount Grey Olives – Nouvelle-Zélande

  • Producteur : John et Jan Dodgson
  • Marque : Mount Grey Olives
  • Année : 2009
  • Lieu : Amberley, North Canterbury, Nouvelle-Zélande
  • Oliveraie : 7 Ha, 2000 arbres
  • Variétés : Leccino, Barnea, Frantoio, J-2, Manzanillo, Verdale
  • Récolte : en juin, mixte : peignes et mécanique
  • Production : 3000 L par an
  • Autres produits : huiles infusées, olives de table, savons et cosmétiques naturels

Le North Canterbury fait partie de ces régions de Nouvelle-Zélande qui ont vu s’implanter, au cours des 20 dernières années, vignobles et oliveraies. Si le sol est très favorable à ces cultures, et notamment à l’olivier, le climat l’est un peu moins, comme la plupart des oléiculteurs ont appris à le découvrir au fil des ans. Rencontre avec l’un d’entre eux, John Dodgson, dans son exploitation artisanale Mount Grey Olives. Retrouvez le spécial Nouvelle-Zélande L’huile d’olive en Nouvelle-Zélande, une production marginale ? 

In Olio Veritas – John, pouvez-vous nous raconter l’histoire de Mount Grey Olive en quelques mots ?

John Dodgson – Ma femme Jan et moi-même sommes Néo-Zélandais, mais avons beaucoup vécu à l’étranger, en Afrique du Sud et en Australie principalement. Au cours des années 2000, suite aux incendies à répétition dans la région de Melbourne où nous vivions, nous avons commencé à préparer notre retour au pays. Jan, qui s’était lancée dans la production de savons naturels à base d’huile d’olive, m’a convaincu qu’il serait formidable de trouver une oliveraie à reprendre en Nouvelle-Zélande pour qu’elle ait sa propre matière première sous la main. Nous avons cherché sans succès dans la région de Hawke’s Bay sur l’île du Nord, avant d’avoir une opportunité dans le North Canterbury et de sauter le pas, en 2009.

John et Jan dans leur oliveraie – © In Olio Veritas

IOV – Vous n’aviez donc pas de compétences ou de formation particulières en oléiculture ?

John – Oui et non. J’ai un PhD en horticulture et j’ai fait l’intégralité de ma carrière dans le domaine agricole, consacrant les dernières années à l’industrie de la pomme. La Nouvelle-Zélande en est l’un des leaders mondiaux ! J’ai d’ailleurs beaucoup voyagé en France pour cela : en Normandie, dans le Cher, l’Allier… Bref, je sais à peu près m’occuper des arbres. Mais il est vrai que l’olivier est très différent, et je me suis donc formé au fur et à mesure pour l’entretien de l’oliveraie, la taille des arbres, la récolte. J’ai une approche assez scientifique : je fais des expérimentations, j’essaie de reproduire ce qui semble fonctionner, et puis il y a une bonne collaboration entre les oléiculteurs de la région.

Les 1000 pieds de lavande de Jan côtoient les oliviers de John – © In Olio Veritas

IOV – Vous dites que vous auriez préféré trouver une oliveraie dans la région de Hawke’s Bay, pourquoi ?

John – Pour le climat, principalement. Ici dans le North Canterbury, nous avons généralement un printemps et un été propices, mais les choses se compliquent souvent à l’automne et l’hiver, ce qui correspond à la période de la récolte des olives comme vous le savez. Outre une forte humidité liée aux pluies fréquentes, nous sommes confrontés à de nombreux épisodes de gel, jusqu’à 12 jours par an avant que les olives ne soient réellement prêtes pour la récolte. Nos oliviers ont en moyenne une tolérance jusqu’à -3°C : en-dessous de cette température nous n’avons guère plus de 24 heures pour récolter, sans quoi l’olive meurt. Un producteur du coin a tenté une année de presser des olives qui avaient gelé : son huile a fini directement à la benne ! Dans la région de Hawke’s Bay, le climat n’est certes pas idéal non plus, mais il est tout de même plus doux.

Inspiré des vignobles, John s’est offert 4 ventilateurs antigel à 20 000 NZ$ chacun, mais doute aujourd’hui de leur efficacité… © In Olio Veritas

IOV – Pourquoi avoir planté des oliveraies ici alors ?

John – Les premiers à s’être installés ici n’avaient peut-être pas creusé suffisamment la question du climat. Puis d’autres les ont suivi. Au total, nous sommes une trentaine d’oléiculteurs dans la région. Tout n’est pas à jeter ici cependant. Le sol par exemple est très favorable : pierreux et drainant, il évacue l’eau rapidement ce qui est très bien pour l’olivier dont les racines n’aiment pas être baignées. Mais je considère tout de même que, pour la culture de l’olivier, la question du climat prévaut sur celle du sol.

Un sol caillouteux et drainant est favorable à la culture des oliviers. © In Olio Veritas (et ne venez pas nous voler cette belle photo !)

IOV – Y’a-t-il une région au climat particulièrement propice à l’olivier en Nouvelle-Zélande ?

John – Le climat néo-zélandais est dans son ensemble assez mal adapté à la culture de l’olivier, en raison de l’humidité ou du gel. Par exception, il y a deux plantations sur la péninsule de Banks, de l’autre côté de Christchurch, qui bénéficient peut-être de la meilleure combinaison sol – climat du pays : un terrain volcanique fertile et drainant, associé à un microclimat qui leur épargne le gel. En dehors de cela, j’ai la triste conviction que la culture de l’olivier en Nouvelle-Zélande restera marginale, en raison de ces facteurs climatiques.

Banks Peninsula et son relief volcanique. – © In Olio Veritas

IOV – Vous avez mentionné l’humidité comme un obstacle. Quel est le problème spécifiquement pour vous ?

John – L’humidité entraîne des maladies et surtout des moisissures, qui nuisent à l’arbre. Les plus fréquentes ici sont celles que vous avez aussi en Europe : l’oeil de paon, un champignon dont les spores sont répandus par la pluie et qui entraîne la chute des feuilles infectées, ainsi que l’anthracnose, un champignon qui affecte lui directement les olives. Nous avons aussi depuis très récemment dans la région la cochenille noire, un parasite qui loge et pond sur les branches et les feuilles. En revanche la Nouvelle-Zélande est pour l’instant à l’abri de la mouche ou xylella.

La cochenille noire de l’olivier est visible sur ce rameau d’olivier. © In Olio Veritas

IOV – Y’a-t-il un moyen de remédier à ces champignons ?

John – Je viens de l’agriculture conventionnelle, j’ai passé beaucoup d’années de ma vie à répandre des produits chimiques. Mais en m’installant ici, je me suis progressivement intéressé aux techniques plus respectueuses de l’environnement et notamment du sol. Si vous avez un sol sain, vous aurez des fruits sains et des animaux sains. Aujourd’hui je conseille de nombreux agriculteurs et horticulteurs de la région qui veulent se convertir au bio, ou tout du moins réduire leur usage de produits chimiques. C’est d’ailleurs ma principale activité professionnelle, l’oliveraie étant avant tout un hobby. Je conseille par exemple depuis 11 ans un agriculteur laitier, qui a réussi à passer au bio. Ses vaches se portent bien mieux qu’auparavant et produisent davantage. C’est même devenu le premier producteur laitier de la région !

Thomas et son pote désherbent les rangs d’oliviers – © In Olio Veritas

IOV – Et concrètement dans l’oliveraie ?

John – Pour lutter contre les moisissures par exemple j’essaie de désherber sous les rangées d’arbres, afin que l’humidité ne s’y accumule pas. On ne peut pas utiliser de moutons car les arbres sont trop jeunes et ils s’attaqueraient à leur écorce, et les deux chevaux que nous avons n’y suffisent pas, alors je tonds moi-même une partie, mais cela prend du temps, et dans certaines zones j’utilise encore un peu de round-up.

IOV – Du round-up ?

John – Oui je considère que c’est efficace et peu nuisible dans les proportions que j’utilise. Beaucoup font tester leur sol pour analyser le degré de contamination, mais les racines vont plus profond que les surfaces prélevées alors moi je fais analyser les feuilles des oliviers et les résultats sont dans la moyenne.

En effet, il ne reste pas un poil d’herbe… © In Olio Veritas

IOV – L’oliveraie est un hobby pour vous, mais qui semble vous prendre beaucoup de temps. Comment vous en sortez-vous ?

John – Difficilement ! L’entretien et la taille des arbres notamment prennent beaucoup de temps. Il y a quelques années j’ai jeté l’éponge dans certaines parcelles avant d’y revenir 2 ou 3 ans plus tard. Les arbres étaient hauts et très touffus, j’ai eu beaucoup de mal à les récupérer. Je reconnais que tout cela est un peu trop grand pour moi.

Et voilà le fruit de tout ce travail : 3000 L d’huile et des olives de table. © In Olio Veritas

 

Note sur les auteurs

In Olio Vertitas : Fascinés par l’Olivier, Mathilde et Matthieu parcourent la planète à la rencontre d’oléiculteurs pour saisir les enjeux de la culture, de la production et de la consommation d’huile d’olive. Retrouvez leurs découvertes et récits sur inolioveritas.org et www.instagram.com/inolioveritas.

Xylella, es-tu là ?

Récemment débarquée en Italie depuis les lointaines Amériques, la bactérie Xylella s’attaque à plusieurs variétés d’arbres et menace de se propager dans tout le continent. En Corse, sa présence est attestée depuis 2015 et inquiète de nombreux oléiculteurs.
Mathilde et Matthieu parcourent la planète à la rencontre d'oléiculteurs pour saisir les enjeux de la culture, de la production et de la consommation d'huile d'olive. Retrouvez chaque mois un peu de leur voyage sur www.jusdolive.fr

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L’oléiculture en Argentine

La production moyenne d’huile d’olive entre 2012/13 et 2016/17, a été de 25 000 t. La dernière campagne (2017/18) est caractérisée par une production record de 43 600 t constituées en majorité d’huile d’olive de catégorie vierge extra. La consommation d’huile d’olive en Argentine est stable, avec des volumes moyens de 6 000 t par an. Quant aux exportations, elles ont fortement augmenté,

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Le marché de l’huile d’olive tunisienne


Suite à l’article écrit par Jouneidi Abderrazak  « Plus de 20 médailles d’or à l’international en 2018 pour « L’huile d’olive Tunisienne » « . Voici la situation du marché tunisien d’huile d’olive en chiffre au mois de mai 2018.

Les exportations de l’huile d’olive tunisienne ont explosé. Entre le 1er novembre 2017 et le 30 avril 2018, celles-ci ont augmenté de 150% en termes de quantité par rapport à la même période un an plus tôt. Au total, 134 403 tonnes de l’or vert ont été exportées par la Tunisie, contre 53 701 tonnes exportées en 2016-2017. La production nationale est estimée à 280 000 t soit une augmentation de 180 % par rapport à la campagne précédente.

La France est le premier importateur de l’huile d’olive conditionnée avec le Canada.

L’huile d’olive conditionnée a été exportée à hauteur de 8 967 tonnes, contre 7601 tonnes l’an dernier, soit une hausse de 12 points. Le France, selon le ministère de l’Agriculture, est le premier demandeur d’huile d’olive tunisienne conditionnée.
L’huile d’olive conditionnée s’exporte en France (26%), au Canada (26%), aux Etats-Unis (10%), en Arabie-saoudite (10%), au Brésil (7%), aux Émirats arabes unis (7%), en Suisse (1%), Oman (1%), …

Hausse des exportations de l’huile d’olive en vrac

125 436 tonnes exportées cette saison contre 46 100 tonnes l’an dernier, soit une augmentation de 172%!
L’Espagne se place comme premier importateur d’huile d’olive tunisienne en vrac avec 34% des exportations totales tunisiennes, suivi de l’Italie : 34% également, les États-Unis (18%), le Portugal (4%), la France (3%), le Maroc (3%), les Iles Seychelles (1%), …

 

Source:
Photo de l’olivier envoyé par Amin de l’Hovéa Tour d’horizon de la récolte d’huile d’olive 2017-2018

https://www.leconomistemaghrebin.com/2018/05/10/huile-olive-augmentation/
https://www.realites.com.tn/2018/05/huile-dolive-record-des-exportations-et-des-revenus/
Lettre d’information du mois d’avril 2018 du COI

L’huile d’olive au Japon

©TAKAO vainqueur des OLIO NUOVO DAYS 2018, le parcours parisien de l’huile d’olive nouvelle à Paris http://www.olio-nuovo-day.com/

La production d’huile d’olive au Japon

L’olivier y est planté depuis 110 ans. La production annuelle est en moyenne de 30 t et une surface oléicole d’environ 500 ha -85% en intensif- Les principales variétés cultivées au Japon sont l’Arbequina, la Frantoio, la Nevadillo, la Manzanillo, la Mission et la Lucca. Les premières variétés plantées venaient des États-Unis. Ce sont des variétés assez instables -avec peu d’antioxydants– et de pair avec des précipitions abondantes donnent des huiles douces et subtiles.

Une consommation en plein essor

Durant la campagne 2016/17, le Japon a importé 56 853 t d’huile d’olive et de grignons d’olive, soit 0,2 % de plus par rapport à la dernière campagne. À quelques rares exceptions près, l’augmentation des importations japonaises d’huile d’olive et d’huile de grignons d’olive a été constante au fil des années. Le record d’importations du Japon (62 000 t) a été enregistré en 2014/15. C’est un marché en plein essor avec une augmentation de ses importations de 51 % ces dix dernières années.

La provenance des importations d’huile d’olive sur le marché japonais vient à 98 % des pays européens, avec l’Espagne en tête au cours des quatre dernières campagnes (59 %), suivie de l’Italie (37 %) et de la Grèce (1 %). En 2016/2017, l’Espagne a vendu 33,757 t, 60% des importations, suivi de l’Italie 20,760 t, la Grèce 692 et la France avec 47 t.

 L’huile d’olive ne représente que 2 voir 3 % du marché des huiles végétales.

Le consommateur japonais

La consommation annuelle est en moyenne de 350 g par an par personne.

Les Japonais préfèrent l’huile d’olive vierge extra pour ses bienfaits sur la santé; L’huile d’olive vierge extra représentent 71% des importations suivie de l’huile d’olive (25 %) et de l’huile de grignons d’olive (4 %). Compte tenu des habitudes gastronomiques spécifiques du Japon, l’huile d’olive y était autrefois pratiquement inconnue. Toutefois, depuis la fin de la deuxième Guerre mondiale. Le concept d’alimentation équilibrée est de plus en plus apprécié.

Le profil du consommateur ressemble de prêt au profil du consommateur de vin, 25-40 ans vivant en ville.

Les freins à la consommation

  • C’est une huile chère par rapport aux autres huiles végétales
  • Pas d’huile d’olive dans la cuisine traditionnelle japonaise
  • Méconnaissance de son utilisation. Manque de recettes pour utiliser l’huile d’olive.

C’est un marché exigeant et qualitatif où une négociation prend en général 2 ans. La certification BIO nationale ainsi qu’une médaille dans un concours japonais peuvent être des portes d’entrée au marché. Le concours international « OLIVE JAPAN 2018 » connait un certain succès ces dernières années avec 611 échantillons reçus en 2017 (800 sont attendus cette année). Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 12 avril 2018.

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Competition Detail

Le goût

Pour Tomiko Tanaka, dégustatrice japonaise d’huile d’olive, les consommateurs néophytes commencent par des huiles douces et délicates -comme les huiles élaborées au Japon- et dès qu’ils l’ont intégré dans quelques plats comme les poissons blancs les légumes à la vapeur, le tofu, … ils passent au fruité plus robuste avec des intensités de fruité, d’amertume et d’ardence plus élevées. Dans les préparations ou dans les plats aux saveurs plus intenses comme le Natto (soja fermenté), le Sashimi (poisson cru), la sauce soja,  les fruités verts intenses sont privilégiés pour compenser l’intensité du plat.

Photo d’un verger japonais prise à Shodoshima Island Olive Park par Toshiya Tada Présiden de l’Association des Sommeliers de l’Huile d’Olive du JAPON (OSAJ)

 

Photos du verger de ©TOYO

Sources:

Chiffres et graphiques. Lettre d’information du COI Nº 124 – FÉVRIER 2018 (Secrétariat exécutif du COI) et Juliette Cayol Press Officer. 
Le Marché de l’huile d’olive. Conférence jeudi 21 mars 2018 à la World Olive Oil Exhibition #WOEE à Madrid, Marta González et Keiko Tagawa de l’école de dégustation valencienne ont présenté les grandes lignes du marché de l’huile d’olive au Japon. Le goût de l’huile d’olive et la Japon Tomiko Tanaka. Photos du verger japonais: Le professeur Toshiya TADA et Emmanuelle Dechellete. 

Les Olives d’ailleurs

La Crète et l’huile d’olive

Variétés d’olives  en provenance de Portugal

L’oléiculture en Italie

EVOOWR, classement mondial 2017

Classement mondial des meilleures huiles d’olive vierge extra 2017 EVOOWR pour Extra Virgin Olive oil World Ranking. Ce classement mondial des HOVE a été créé pour promouvoir les huiles d’olive vierge extra les plus récompensées dans les concours nationaux et internationaux. La méthode de calcul de ce classement est de reprendre les résultats de 30 concours qui ont eu lieu en 2017. Pour recevoir la mention "huile d’olive de l’année 2017" il faut avoir atteint 160 points minimum.

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Huile d’olive: Les Nouveautés 2017

Petit tour des nouveautés du secteur de l'huile d'olive vierge extra. Que nous réserve l'année 2017 en nouveautés!? De l'huile d'olive à tartiner, une nouvelle couleur de verre, un emballage eco-responsable, des chips à l'HOVE, et on finit sur une note sucrée avec une glace Retrouvez les nouveautés 2016

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L’oléiculture en Italie

italie huile d'olive region de l'huile d'olive
L’Italie du goût – Les 20 régions italiennes

La 105 e session du Conseil des Membres du COI se tiendra à Rome (Italie) du 23 au 26 mai prochain. Pour l’occasion le Conseil Oléicole International dresse le portrait de l’oléiculture en Italie. Retrouvez le texte complet dans la NEWSLETTER d’AVRIL 2017

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Meilleures huiles d’olive au NYIOOC 2017

palmarès meilleures huiles d'olive 2017 new york
Les résultats de la NYIOOC, la New York International olive oil competition, viennent d’être publiés.
Six huiles d’olive françaises sont reparties avec une médaille contre 2 en 2016.
Les résultats du concours NYIOOC sont attendus avec grande impatience par tout le secteur et pour tous les producteurs qui présentent le travail d’une année.

Tenue au mois d’avril, le NYIOOC est l’un des plus prestigieux concours de qualité d’huile d’olive au niveau international de part le nombres d’échantillons présentés, son jury d’experts en dégustation, sa couverture médiatique.

En volumes d’huile d’olive, les États-Unis sont le deuxième consommateurs après l’UE.
www.bestoliveoils.com

Les médaillés français de la NYIOOC 2017

Top 10 des consommateurs d’huile d’olive en volume (en milliers de tonnes)
 Top Ten Consumers of OO in volume (thousand tons) from 2012–2014

Classement prévu en 2013/2014 des 10 premiers pays consommateurs d’huile d’olive et volumes consommés (en milliers de tonnes) au cours des trois dernières campagnes.
Extrait de The seven wonders of olive oil

[source] Barjol, Jean Louis. “L’économie mondiale de l’huile d’olive.” EDP Sciences, 2014.